
L’ortie est l’une des meilleures alliées du jardinier : gratuite, abondante, riche en azote et en minéraux. En macération dans l’eau, elle donne un purin qui fertilise les plantes et stimule leurs défenses. Il suffit de quelques orties, d’un seau et d’un peu de patience.
Le matériel
- Un récipient non métallique : seau en plastique, bac en bois, jarre en grès. Le métal réagit avec le purin.
- De l’eau de pluie, de préférence, sans chlore.
- Un couvercle ou un grillage, pour tenir à distance mouches et chats.
- Des gants, car les orties piquent.
La recette
- Récoltez des orties avant la montée en graines, de préférence au printemps ou en début d’été, avec des gants.
- Hachez-les grossièrement.
- Mettez 1 kilo d’orties fraîches (ou 100 à 200 grammes de feuilles sèches) dans 10 litres d’eau.
- Couvrez sans fermer hermétiquement, car la fermentation dégage des gaz.
- Remuez chaque jour avec un bâton.
- Attendez 10 à 15 jours, selon la température. Le purin est prêt quand il ne produit plus de bulles et devient foncé.
- Filtrez avec un tissu ou un tamis fin.
Il sent fort, c’est normal. Un peu de poudre de roche ou de la valériane limite l’odeur.
Les dilutions
Le purin ne s’emploie jamais pur.
- En arrosage, comme engrais : 1 litre de purin pour 10 litres d’eau, soit environ 10 %, au pied des plants.
- En pulvérisation sur les feuilles : on dilue davantage, autour de 5 à 10 %, et on applique en préventif.
À quoi sert-il
Le purin d’ortie est riche en azote : il favorise la croissance des feuilles, ce qui convient aux choux, poireaux, courges, tomates en début de saison. Il stimule aussi les défenses des plantes, ce qui aide à limiter certaines attaques, mais il ne remplace pas un traitement contre un ravageur déclaré.
Quand l’utiliser
Au printemps et en début d’été, pendant la croissance. Évitez de l’employer sur des légumes proches de la récolte, ou en trop grande quantité sur les tomates en fin de saison, qu’il pousse à produire du feuillage au détriment des fruits.
Un cadre réglementaire
En France, les préparations naturelles comme le purin d’ortie, de prêle ou de consoude entrent dans la catégorie des « préparations naturelles peu préoccupantes » (PNPP). Elles sont autorisées pour un usage personnel, mais leur vente est encadrée.
Conserver
Le purin se garde plusieurs mois dans un récipient fermé, à l’abri de la lumière, mais il perd ses qualités. Utilisez-le plutôt dans les semaines qui suivent.
Le reste des orties
Le résidu filtré, riche en matière organique, va au compost ou sert de paillage. Cuisinées, les jeunes orties se mangent en soupe ou en omelette.
Pour une autre préparation de plante, lisez la décoction de prêle. Et pour limiter les pucerons, voyez le savon noir.